« Le Roi LEAR de William Shakespeare | Page d'accueil | "Massacre à Paris" de Christopher Marlowe, dans une mise en scène de Guillaume Delaveau, au TNS du 11 au 18 janvier 2008 »
dimanche, 16 décembre 2007
"Le Temps et la Chambre", d’après Botho STRAUSS, dans une adaptation et une mise en scène de Chantal KAHN-SAVRE, au Cube noir jusqu'au 21 décembre 2007
Avec la troupe des comédiens du Rhin : Oren CHEKROUNE, Jérôme DREVICI, Chantal KAHN-SAVRE, Christian KIEFFER, Jean-Paul MARAGE, Julia SACCANI, Hervé RAMPARANY, Myriam SCHMITTHAUSLER, Benjamin ZINN, et la voix de Catherine HUBERT.
Adaptation et mise en scène - Chantal KAHN-SAVRE
Et la participation de Fredj COHEN
Images vidéo : Julia SACCANI
Création lumière et régie - Michel HOEN
Assistanat régie - Rui Serge AZEVEDO BROOKS
Affiche - Jérôme DREVICI
Administration et communication - Gérard SPENGLER.
L' auteur : Botho Strauss est avec Heiner Müller l’auteur dramatique allemand le plus joué en Europe. Un regard rêveur, se cachant derrière de petites lunettes rondes, Botho Strauss exprime toute la solitude de l'âme humaine. Né en 1944 à Naumburg et élevé dans l'Allemagne de l'après-guerre, il absorbe l'atmosphère particulière de cette période peuplée de ruines et d'esprits en souffrances. Après des études de Lettres, d'histoire du théâtre et de sociologie, Botho Strauss rédige des critiques pour la revue Theater Heute. Mais l'approche théorique de cet art ne lui suffit pas. Il est engagé comme dramaturge à 26 ans pour la Schaubühne de Berlin, alors sous la direction de Peter Stein. Il traduit et adapte Ibsen, Labiche, Gorki, puis se met rapidement à écrire ses propres pièces à partir du milieu des années 70. Botho Strauss conçoit en 1977 La Trilogie du revoir pour la troupe de la Schaubühne ; c'est un succès éclatant. Cette œuvre met en présence un groupe d'artistes et d'amateurs d'art qui, au fil d'un vernissage, échangent banalités et propos amers pour finalement révéler leurs vaines alliances et leur isolement.
La distance entre ses pièces, romans, nouvelles, est peu sensible, et ses romans ont souvent été adaptés au théâtre. L'œuvre de Botho Strauss renouvelle le réalisme. Il exprime moins les mouvements sociaux que les paysages intérieurs et l'anonymat des individus dans une société moderne déshumanisée. Il s'impose par ses fresques sur la solitude, l'enfermement, les situations d'incommunicabilité. D'un style sombre, mettant l'homme face à ses ruptures sentimentales et ses déceptions, ses personnages sont souvent les victimes de leurs espoirs déçus, et ce désespoir ne les conduit qu'à une lucidité malheureuse.
Le choix de Berlin comme décor de la plupart de ses textes fait aussi de cette ville une métaphore de la solitude humaine. L'auteur associe la désolation de cette ville meurtrie à la mélancolie et à la solitude de personnages souvent confus dans leurs sentiments.
Botho Strauss a reçu en 1989 le prix Georg-Büchner, la plus haute distinction littéraire en Allemagne, pour être "parvenu à transposer sur scène la vie désorientée de notre société".
De Botho Strauss :
•Le fou et sa femme, ce soir dans Pancomedia [Der Narr und seine Frau heute adend in Pancomedia, 2001], l'Arche.
•Les sept portes : bagatelles [Sieben Türen : Bagatellen, 1988], l'Arche.
•Le temps et la chambre [Die Zeit und das Zimmer, 1988], l'Arche.
•Grand et petit [Gross und Klein, 1979], Gallimard.
•Trilogie du revoir [Trilogie des Wiedersehens, 1977], Gallimard.
Botho Strauss a été révélé en France par Claude Régy qui monte successivement La Trilogie du revoir (1978), Grand et petit (1982), puis Le Parc (1986). C’est Luc Bondy après avoir crée « Le Temps et la chambre » à la Schaubühne en 1989 qui fait connaître la pièce en France. Patrice Chéreau en propose une nouvelle mise en scène très marquante à l'Odéon en octobre 1991, dans une adaptation de Michel Vinaver, qu’il adapte l’année suivante avec la même troupe pour la télévision : avec Anouk Grinberg (Marie Steuber), Pascal Greggory (Olaf), Bernard Verley (Julius), Bulle Ogier (l'impatiente), Roland Blanche (Frank Arnold), Marc Betton (l'homme sans montre), Marc Citti (le parfait inconnu), Jean-Pierre Moulin (l'homme au manteau d’hiver), Pedro Pablo Naranjo (l'homme à la fenêtre), et la voix de Jeanne Moreau.
"Le Temps et la Chambre", titre original “Die Zeit und das Zimmer” (écrite en 1988) est une pièce complexe et déconcertante : Les fantômes du passé surgissent dans une chambre qui se transforme au fil du temps. On s’est connus, on s’est reconnus et on s’est perdus de vue. Parfois la mémoire nous joue des tours… Le personnage principal de Marie Steuber, femme de tous les hommes, apporte l’équilibre ou la déraison. Elle se livre à une introspection qui va faire apparaître une étrangeté qui nous montre le décalage entre l'individualité moderne et une quête du sens de la vie. Chez Botho Strauss rien n’est jamais tout à fait certain.La metteuse en scène Luce Colman présente ainsi la pièce en 2004 : "Olaf et Julius cohabitent, co-existent... Ils sont sortis du monde et le regarde dans leur appartement du haut de leur fenêtre avec un mélange d'ironie et de tendresse. Ils commentent ce qui se passe dans la rue, jusqu'où moment où surgit une jeune femme, Marie Steuber, avec elle, la vie, ses passions, ses douleurs, ses souvenirs, ses rencontres improbables, et celles qui sont inévitables. Ce personnage principal de la pièce, Marie Steuber, va se livrer à une introspection. Une étrangeté va rapidement apparaître qui nous montre le décalage entre l'individualité moderne et une quête du sens de la vie. Le temps d'une vie ou celui d'un instant, la chambre intime et universelle, au coeur la colonne, l'axe du monde... J'ai rencontré ce texte ajoute-t-elle comme on prend une claque et je sais qu'il me faudra y revenir. Un puit sans fond d'émotions, d'intelligence, de finesse. Une vue de l'humanité tendre et sans complaisance. Ce que j'ai raconté, c’est avant tout la rencontre si complexe des deux mondes : le masculin et le féminin. Cette rencontre absolument intime, dans la chambre… Ces deux hommes qui n'en sont peut être qu'un, qui font ce choix de s'exclure du monde des émotions pour se protéger, et qui finissent, à force d'abstraction par douter de leur propre existence. Marie, épuisée, au bord du gouffre de la folie à force de vivre, d'aimer, d'avoir faim et de n'être jamais rassasiée d'amour, qui aimerait pouvoir renoncer aussi, mais qui ne peut résister à la vie. Il y a ces hommes qu'elle a aimé, raté, pas compris, il y a ces femmes qu'elle a connu, des parts d'elle même disloquée, des morceaux de féminité exacerbée et toujours cette opposition/attraction entre ce qu'on pourrait appeler la paix et la vie. le monde masculin et le monde féminin. " Le Temps et la Chambre " c'est cette quête dont personne ne trouve le graal..." Luce Colmant
Les Comédiens du Rhin sont une troupe de théâtre amateur fondée en 1958 par Paul SONNENDRUCKER et longtemps animée par Luc MICHEL, présidée actuellement par Benoît HOFFMANN, membre de la Fédération Nationale des Compagnies de Théâtre et d’Animation (FNCTA) et du Collectif 3.14 de théâtre amateur (organisateur du festival ‘Théâtralis’).
Dates, lieu des représentations et réservation :
A la salle du Cube Noir au CREPS de Strasbourg-Koenigshoffen - 4, allée du Sommerhof - Tram B Montagne Verte puis bus 2, 13 ou 50 Nid de Cigogne
du vendredi 14 au vendredi 21 décembre 2007 à 20h30, sauf le dimanche 16 à 18h et relâche le lundi 17 décembre.
Tarifs /Prix des places : 10€ plein tarif et 5€ tarif réduit
Réservations : par mail ou tél : 03 88 22 00 95 ou 06 32 49 62 36
15:25 Publié dans 1 - Pièces à l'affiche | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Spectacle à recommander : à signaler une très bonne critique, notamment de la mise en scène, dans les Dernières Nouvelles d'Alsace d'aujourd'hui 19 décembre !
Ecrit par : DNA | jeudi, 20 décembre 2007
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.



